Immense. La Grande île ou l’île Rouge, comme on surnomme Madagascar, est, en soi, un continent. L’une des dernières grandes terre où la nature reste sauvage et belle. Avec ses hautes terres, ses savanes, ses pics rocheux, ses rizières, ses forêts primaires, ses fleuves, ses milliers de kilomètres de côtes vierges , Madagascar offre une multitudes de sensations et d’expériences. Une destination de rêve pour les voyageurs épris de grands espaces, de nature, d’authenticité.
Nosy Be, Diégo Suarez, sont les régions touristiques de la grande île les plus connues. Mais à l’Ouest, du côté du canal du Mozambique, tout en face de l’Afrique, la région du Menabe, attire de plus en plus de touristes en quête de curiosités; C’est ici en effet que l’on peut découvrir des sites parmi les plus exceptionnels de la planète : les Tsingy de Bemahara, un ensemble montagneux fait d’aiguilles rocheuses, vestiges des temps immémoriaux où la mer recouvrait Madagascar; et aussi les célèbres allées des baobabs, arbres géants et spectaculaires.
Une forêt dense – datant probablement des temps où Madagascar s’est détaché de l’Afrique entoure ces Tsingy – qui abrite nombre d’espèces endémiques, oiseaux, mammifères comme le et surtout différentes familles de lémuriens – ses sympathiques petits animaux à fourrure – .symbole de la Grande île.
De la réserve naturelle de la forêt Kirindy aux plages de sable blanc de Morondava, la capitale de ce grand Ouest malgache, le village de Vezo de Belo sur mer offre à son tour un lieu unique avec ses pêcheurs et constructeurs de boutres. Boutres servant tout à la fois aux transports et à la pêche. Etonnant ces boutres sont fabriqués sans aucun plan, dessinés à l’avance et construits avec des bois sélectionnés pour leur forme directement dans la forêt. Des constructions réalisées au jour le jour au gré des possibilités financières de chaque charpentier constructeur. A Madagascar, comme dans beaucoup de domaines, le savoir faire traditionnel se transmet de génération en génération et s’exerce depuis l’enfance.
La grande traversée est-ouest relie “Tananarive”, la capitale (aujourd’hui Antananarivo) à travers une infinie variété de paysage, de couleurs. Et tout au long de cette grande et longue route, souvent entrecoupée de nids de poule et qui se transforme souvent en piste de terre ou de sable, on est saisi par l’intensité de la vie à l’approche des villages. Ici, les taxis brousses irréguliers circulent surchargés. La seule façon de relier le marché, l’école, le lycée, le dispensaire est donc de marcher. Souvent sur des kilomètres et des kilomètres. Femmes lourdement chargées, ces charrettes à zébu, groupes d’enfants surgirent de nulle part. il n’y a pourtant aucune maison ou case aux alentours.






La route ce sont des curiosités permanente. Ainsi à l’entrée de nombreux bourgs de grands fours s’élèvent. Ils servent à cuire briques et tuiles façonnées sur place à partir de terres argileuses récoltées à quelques dizaines de mètres. La brique se négocie, nous dit on à 1 Ariary, soit moins d’un centième de centime d’Euro. Sans aller bien loin chacun peut donc, s’il en a les moyens, se ravitailler en briques et tuiles pour construire sa maison. Autre curiosité au fil de notre traversée vers l’Ouest, ces chercheurs d’or, travaillant en famille, aperçus le long de bras de rivières, cassant et broyant la roche pour tenter de recueillir de précieuses paillettes. Au delà de l’or, ces rivières sont primordiales pour les Malgaches. Outre l’apport indispensable pour les cultures, les points d’eau compensent l’absence d’eau dans les villages et servent de lavoirs pour les femmes et de bains pour les enfants.
Le long du canal de Mozambique
Parmi les images et les rencontres de ce “road trip, le franchissement des rivières et des fleuves sur des barges sont les plus marquantes. Là encore par la beauté et le dépaysement de ces lieux vous plongent dans un univers de bout du monde que les voyageurs peuvent prolonger en se laissant glisser au fil de l’eau à bord de bateaux aménagés et même pour les plus aventureux à bord de pirogues. Deux jours de navigation le long du fleuve, avec une nuit de campement, pour rejoindre le village de Belo sur Tsiribihna. De là les amateurs de mer ajoutent un retour à Morondova par la mer. 60 km de mer cristalline le long d’une côte de sable blanc ininterrompue, parsemée de villages de pêcheurs nomades qui vont, au gré des jours et des vents, d’un point à l’autre du canal du Mozambique.
Texte : Patrice Fleurent
Crédits photos : Joey Nicles Modeste
Reportage réalisé en compagnie de nos confrères vidéastes Lalaina Raharinandrasana et Michaël Antonelli Ratovondrazaka, de Télé Kréol (L’île de La Réunion). Nos remerciements à tous ceux qui ont permis l’organisation de ce reportage que vous retrouverez dans son intégralité sous forme magazine et vidéos : l’association Belles d’Ame, billets discount.com, la compagnie aérienne, Corsair, le tour-opérateur, Omee Voyages, spécialiste de Madagascar, les hôtels Kimony Lodges et Ressort que préside Danil Abdul.

















