Un modèle solidaire qui profite à tous
La recette gagnante du groupe Kimony Lodges et Resort
Près de six cents employés permanents, une dizaine d’hôtels, plusieurs ouvertures prévues … le groupe Kimony Lodges et Resort, implanté dans la région touristique du Menabe, l’ouest de Madagascar, démontre, d’année en année, l’efficacité de sa méthode pour conjuguer développement économique, reforestation, formation de jeunes et moins jeunes, emploi de personnes fragiles, recyclage du bois, fabrication et commercialisation de produits artisanals.
Associer les villages
Poursuivant sa réflexion, le fondateur du groupe Kimony, a choisi un premier site dans une forêt primaire, difficile d’accès, où la culture sur brulis est impossible et où on ne peut couper et extraire des arbres. Un site, non loin du Tsingy du Bemaraha, ces fameuses formations rocheuses uniques à Madagascar. A l’époque il n’y avait pas d’hébergement, que des bivouacs. Danyl Abdula a donc misé sur cet endroit avec l’idée constante de faire bénéficier la population locale de la venue des touristes. Suivi par d’autres opérateurs, le nombre de ces touristes dans cette zone a doublé, quadruplé puis quintuplé etc. passant de 2000 à 20000 aujourd’hui. “ Nous privilégions nos achats sur place et les touristes fréquentent les marchés. Cela fait gagner de l’argent aux guides, apporte des ressources non négligeable au Parc lui-même qui, à son tour, forme les gens des villages.”
Reconstituer faune flore
Parallèlement en 2009, Danyl avec son stock de bois, recherche de l’espace pour conduire une autre implantation et expérimentation de tourisme durable. Ce sera près de Morondova, où le prix du terrain est bon marché, le Kimony Ressort Hotel, dessiné par Danyl Abdula lui-même. “En même temps que le projet avançait, j’ai reboisé, reconstitué la forêt et commencé à sauver les animaux victimes de braconnage en particulier les lémuriens. Aujourd’hui ils se multiplient et la flore et la faune sont presque reconstitués” constate le patron du groupe en faisant visiter ce refuge boisé en retrait d’une longue plage.
C’est ensuite le potentiel de la réserve forestière du Kirindy – toujours dans le sud Ouest de Madagascar – que repère le pdg, classée aujourd’hui Top 3 des plus belles aires protégées de Madagascar, et à une heure trente de la majestueuse et célèbre allée des Baobabs. Un lieu de calme et de détente avec 22 bungalows et piscine avec vue imprenable sur un baobab sacré.
Pas besoin de diplômes
En développant le groupe Danyl Abdula s’aperçoit très vite que faire venir du personnel d’autres régions notamment de la capitale, loin de cette région du Menabé, était très compliqué. Il décide donc de créer un centre de formation pour les jeunes qui n’ont pas les moyens d”aller à Tana et de payer leurs études. En même temps il pense aux handicapés qu’il voit mendier dans la rue. Pourquoi ne pas les former eux aussi ?
Les activités artisanales peuvent être adaptées. “Pas besoin de diplôme. On peut par exemple former en deux ou trois mois des hommes et des femmes à la coupe et à la couture, à la vannerie, à fabriquer des bijoux”. C’est ainsi qu’est né dans une ancienne huilerie de Morondova réhabilitée un vaste centre doté d’ateliers, de salles de formation, de réunion, et même d’un hôtel et restaurant d’application. Un centre ouvert aux touristes qui peuvent observer artisans et apprentis à l’oeuvre : sculpteurs, menuisiers, ébénistes, couturières, hommes et femmes fabricants paniers, glissant dans d’élégants packaging conçus sur place, huiles essentielles, épices de Madagascar.
La qualité avant tout
“En deux ans de formation, on commence à produire de bons produits, des produits de luxe que l’on va exporter” souligne Danyl Abdula ajoutant que toutes ces activités s’autofinancent. “ L’objectif c’est de payer chacun au smic ce qui est le cas aujourd’hui. Certaines personnes handicapées notamment sont payés au double du salaire, au fur et à mesure que la qualité augmente. Car ce qu’on vise c’est une certaine clientèle et le marché du luxe. On ouvre d’ailleurs des shows rooms à Tana et on passe des marchés avec de grandes enseignes. Ce sera bientôt également les marchés extérieurs.” Infatigable, créatif et écotourimse chevillé au corps, Danyl Abdula continue à dessiner des meubles, à imaginer des sculptures de bois … des bois de récupération bien sûr ou des bois flottant ramassé ici ou là.
